Les écritures funéraires dans certaines villes du Sahara algérien : la simplicité et ses significations

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Mohamed HIRRECHE BAGHDAD

Résumé

Cet article propose une étude anthropologique et philosophique des inscriptions funéraires dans certaines villes sahariennes d’Algérie, en révélant leurs significations symboliques, sociales et culturelles. À travers une comparaison entre des textes anciens (comme les inscriptions de Nammâra et de Tihouda) et des épitaphes contemporaines, il apparaît que la pratique scripturaire liée à la mort tend vers la simplicité, valorisants la prière, la miséricorde et l’acceptation, tout en étant dépourvue d’ironie, de rationalisme ou de réflexion philosophique, tels qu’on peut les rencontrer dans d’autres cultures. L’auteur discute également de l’influence des contextes religieux et culturels sur la forme et le contenu des tombes, en évoquant des exemples issus du contexte islamique et chrétien, ainsi que d'autres cas exceptionnels comme le mausolée du cheikh Belkebir à Adrar. L’article insiste sur le concept de « rhétorique du silence » observée dans les tombes modestes, qui incarnent une compréhension existentielle détachée de l’ornement et du matériel, où le silence et la pureté deviennent symboles d’élévation et de résignation. L’auteur met aussi en lumière les interactions des communautés avec la mort à travers les pratiques orales, les traditions locales, et l’écriture individuelle ou collective, révélant ainsi la diversité des modes d’expression du deuil et de la mémoire. En conclusion, il est important de relire ces pratiques comme un reflet d’une philosophie implicite de l’existence et de la mort, inséparable de l’histoire, de l’environnement et de la foi.

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Comment citer
HIRRECHE BAGHDAD, M. (2025). Les écritures funéraires dans certaines villes du Sahara algérien : la simplicité et ses significations. Turath, 3(1), 58–78. Consulté à l’adresse https://journals.crasc.dz/index.php/turath/article/view/60
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